La Slovénie. Petit pays au goût de miel. Avril 2024

Blottie entre l’Italie et la Croatie, elle séduit avec ses villes ravissantes, ses sommets majestueux et son littoral adriatique bercé par le souffle de la bora. A peine plus grande que la Bretagne, elle a la forme d’un coq, la tête tournée vers l’Est. Notre guide est jeune, jolie et dynamique et s’appelle Ksenija. Ici, le mot magique est Pivo. C’est la bière, on en trouve partout et tout le monde en boit ! En Slovénie il n’y a pas d’heure pour manger, et les repas sont souvent servis dans des fermes auberges. Tous les paysages sont couverts de vignes et chaque région est fière de faire déguster son vin.

Maribord, 2ème ville du pays est à 17 km de l’Autriche. Lourdement touchée au cours de la 2ème guerre mondiale, elle est reconstruite à l’identique, il y règne beaucoup de calme, malgré un grand centre universitaire. Le château forteresse de Marchburch domine la ville. Le fleuve Drava traverse la ville et l’on trouve ici la plus vieille vigne du monde adossée au mur d’origine datant de 1657.

Ptuj, également sur la Drava a le statut de ville musée. Elle est à la croisée des voies reliant le bassin méditerranéen au Danube, l’Italie aux Balkans. Le château possède une cour ornée de belles arcades sur trois étages qui abrite une magnifique collection d’instruments de musique, et un étonnant musée de costumes de carnaval (classé à l’Unesco). Puis nous dégustons à Jéruzalem un bon cépage local et assistons à la transformation de pépins de courge en huile.

Bled, la perle des Alpes . Dominée par un château, surplombant du haut de la falaise la célèbre étendue d’eau, les Alpes Juliennes en arrière-plan, tous les regards convergent vers ce bout de terre harmonieux, enchâssé dans l’eau bleutée du lac, de la petite île et de son église. Nous traversons le lac sur un bateau traditionnel (Pletna, gondole locale), pour débarquer sur l’île et grimper ses 99 marches. Il est d’usage à l’arrivée de sonner la cloche aux voeux. Elle tinte fièrement dans le calme ambiant. Dans le silence et la féérie des lieux, nous sommes transportés dans un conte de fées. Tout autour, les prairies sont striées de séchoirs à foin, où bourdonnent les abeilles.. La Slovenie est le pays du miel avec près de 14 000 ruchers. Nous poursuivons vers le lac glaciaire Bohinj le plus grand lac du pays. La fin de notre circuit nous amène à visiter un élevage laitier.

Ljubljana (la bien aimée). La plus petite capitale de la communauté européenne. Traversée par la rivière Sava, la ville universitaire est très animée dans le respect d’une circulation maîtrisée. Un funiculaire permet d’accéder au château sans effort et de profiter de la vue panoramique, qui par beau temps, permet d’apercevoir la mer Adriatique. Traversée par 3 ponts, les visiteurs viennent se photographier sous les ailes des animaux féroces du pont que sont les Dragons. Nous poussons ensuite les portes en bronze de la cathédrale St Nicolas et l’on flâne sous les tilleuls de la place de la Révolution française. Un monument y commémore les provinces illyriennes, crées en 1809 par Napoléon. Oui, quatre ans durant, la Slovénie fût française. Art de vivre à l’italienne et discipline à l’autrichienne se conjuguent harmonieusement où vit un quart de la population slovène.

La grotte de Postojna : les nombreux phénomènes karstiques de Postojna font le charme de cette région. Les spectacles grandioses offerts par cette grotte sur un tracé de 20 km est époustouflant. Pendant 1 h 30, nous découvrons en train électrique, des galeries splendides avec des décors lumineux impressionnants. Mais c’est à pied que nous approchons de l’aquarium où vivent quelques protées anguillards, ces rarissimes animaux aveugles, capables de vivre plus de 10 ans sans manger. C’est le plus pacifique des dragons….

Le Château de Predjama : C’est un vrai nid d’aigle qui se dresse devant nous. Imprenable, accolé à une paroi rocheuse de 123 m, il est relié à un complexe de grottes et de galeries. Le propriétaire de ce lieu, Erasme de Predjama, chevalier brigand, entouré des villageois, résista aux assiégeants plus d’une année.

Eglise de la Sainte Trinité à Hrastovlje, cette église transformée en site fortifié date du 14ème siècle. Véritable trésor de peintures murales médiévales, classée au patrimoine culturel mondial, elle déploie sur plus de 7 mètres, la Danse Macabre, cette ronde infernale qui montre l’égalité de tous les hommes face à la mort.
Puis visite d’un petit village médiéval, dont le jardin municipal est dédié à Ferrari, nous sommes invités à déguster le jambon de pays sous un murier de 400 ans.
Nous finissons la journée à Lipica. C’est dans ce paysage karstique, au sol pauvre et sec qu’est élevé le prestigieux lipizzan, ce cheval à la robe blanche qui fait la réputation de l’école d’équitation espagnole de Vienne.

Le littoral slovène. Nous visitons des salines, anciennes richesses de la côte. Cette côte modeste de 47 kilomètres consiste principalement en falaises plongeant sur l’Adriatique. A une exception près : Piran. Le petit port déploie ses toits de tuiles rouges sur une péninsule à fleur d’eau que termine, comme une couronne, un clocher ajouré. Nous n’avons pas pu contempler le campanile, copie de celui de la place Saint Marc à Venise, recouvert d’un échafaudage, pour réfection. Piran n’est pas Venise, pourtant la cité des Doges a teinté l’histoire de ces lieux et a laissé l’empreinte de son architecture. Piran est un carrefour de civilisation où langues italiennes et slovènes sont à égalité.
Il nous faut remercier Christine qui, encore une fois, nous a offert la découverte étonnante d’un pays pourtant si proche.
Et puis, il nous faut espérer revoir rapidement Ksenija, qui connaît le bassin d’Arcachon, et qui nous a promis de venir passer quelques jours chez nous.
Françoise DINELLI.