Séjour Raquettes en Vallée du Louron

Nous avions tellement apprécié notre séjour en janvier 2025 que nous revoilà, un an après, aux Granges de Clarabide. Cette année, le décor a changé : la neige a envahi la vallée, recouvrant tout jusqu’à basse altitude.
 

Dimanche 25 janvier : On se remet en jambes

On commence en douceur. Après un  pique-nique dans la salle hors-sac de Val Louron, on chausse les raquettes. Une petite balade parfaite pour retrouver ses marques et tester son équilibre avant de rejoindre notre gîte pour l’installation.

Lundi 26 janvier : Le spectacle des cimes

Retrouvailles avec Bruno, notre guide, à Arreau. Direction les hauteurs de Cadéac pour monter au Plagnot de Soubirou (1 726 m). Nous montons en voiture jusqu’à atteindre la neige. Quel plaisir de pouvoir chausser les raquettes dès la sortie du véhicule ! L’ascension débute dans une forêt dense, d’abord sur une piste tranquille avant de s’attaquer au vif du sujet, droit dans la pente.

Lors des derniers mètres d’ascension dans la forêt, le soleil apparaît à travers les arbres, nous offrant un joli spectacle. Puis, la forêt s’efface pour laisser place au magnifique panorama de la chaîne enneigée. Après un pique-nique face aux sommets, nous atteignons le Plagnot. La vue est totale : L’Arbizon tout proche au sud, le Pic du Midi trône à l’ouest tandis que l’Aneto se dessine à l’est. Le retour se fait par les crêtes, dominant les hourquettes d’Ancizan et d’Arreau, avant une plongée finale vers la vallée. 10 km | D+ 750 m

Mardi 27 janvier : La cabane dans la clairière

Le ciel se gâte sur les hauts sommets. Qu’importe, Bruno nous entraîne vers Bareilles avec pour objectif la cabane du Docteur Pic. Nous empruntons un vieux sentier empierré, autrefois utilisé par les bûcherons. Ici, le silence est absolu. Personne n’a foulé la neige depuis les dernières chutes. Il faut « faire la trace » : un effort physique intense dans 50 cm de poudreuse fraîche. Soudain, une biche et son faon traversent notre champ de vision à cent mètres de là. Un instant de grâce réservé aux plus rapides ! Nous atteignons enfin la cabane, un refuge rustique et original, pour un déjeuner bien mérité. La pluie qui menaçait depuis le matin nous cueille lorsque nous nous équipons pour repartir. On décide alors de prendre la route la plus courte pour rejoindre la voiture et, comme d’habitude sous l’averse, le retour se fait à vive allure. 9,8 km | D+ 580 m

Mercredi 28 janvier : Poudreuse et soleil

Réveil givré et séance de grattage de voiture obligatoire. Direction le tunnel de Bielsa pour  un départ raquettes aux pieds depuis les anciennes douanes, avec pour objectif la cabane de Courraü de Prat. Le début est rude, mais la beauté des paysages nous fait oublier l’effort.

Nous atteignons la cabane pour le repas, que nous prenons sous le soleil, mais par une température assez froide. Au-dessus de nous, des skieurs de randonnée dessinent des courbes parfaites depuis le Pic d’Augas. Nous poussons ensuite l’ascension jusqu’à franchir la barre des 2 000 mètres pour embrasser du regard toute la vallée d’Aure. La descente est un pur moment de liberté : chacun trace sa propre voie dans la pente vierge et les pinèdes. Bruno profite d’une pause pour nous initier aux secrets du manteau neigeux. De l’avis général, c’est « LA » journée parfaite. 5,2 km | D+ 500 m

Jeudi 29 janvier : Sur les traces de James Bond

Dernière étape ! Nous démarrons près de l’héliport de Peyragudes, célèbre décor de Demain ne meurt jamais. Mais notre mission à nous se situe sur le versant opposé : le Pic Arrouy (1 850 m). La neige fraîche est encore abondante et, malgré quelques traces de skis, le travail de traçage reste physique.

L’ascension nous dévoile un panorama de plus en plus vaste. Après avoir franchi le Cap de Matas et une crête effilée, nous atteignons le col sous le sommet. Le froid mordant nous pousse à écourter le pique-nique, mais le détour par la cime est obligatoire pour admirer l’est de la chaîne. Pour le retour, place au fun : les pentes raides se transforment en terrain de « culing » (glissades sur les fesses) pour les plus téméraires. Après six heures d’effort, nous bouclons ce magnifique séjour. 7 km | D+ 700 m

Dix ans de sommets et de souvenirs : Isabelle tire sa révérence

Une pointe de tristesse s’est invitée à l’apéritif du dernier soir : Isabelle nous annonce que ce dizième séjour à la neige sera son dernier en tant qu’organisatrice de séjours hiver. Un immense merci à elle pour ces merveilleux moments, jalonnés de beaucoup d’instants de pur bonheur mais aussi de quelques situations critiques qui, heureusement, se sont bien terminées.