Depuis les premiers temps, Oman est à la croisée des routes commerciales du cuivre, de l’encens, des armes et désormais du pétrole. Influencé par les grandes civilisations voisines, le sultanat devient même l’un des plus prospères empires maritimes de l’histoire.
Le portrait du Sultan s’affiche partout : Haithon ben Tariq âgé de 67 ans a été désigné par son défunt cousin en Janvier 2020, le sultan Quabous ben Saïd. Haithon ben Tariq a promis de suivre la voie tracée par le sultan défunt. Cette voie qui a valu à Oman une réputation : celle d’être la « Suisse du golfe persique », bien qu’il ne soit pas une référence en matière de démocratie, car toute critique sur le sultan est passible de prison.
Le mardi 27 Janvier 2026, nous sommes 41 randonneurs qui atterrissons à Oman, et c’est Habib, notre guide qui nous accueille à Mascate. A peine débarqués nous visitons la Mosquée du Sultan Quabous. Ce lieu de prière cumule les superlatifs. Il a fallu 6 ans pour la construire. Elle arbore 5 minarets en référence aux 5 piliers de l’Islam. Capable d’accueillir 15 000 personnes. Suspendu au dôme central un lustre de 8 m de diamètre et de 14 m de haut, pèse 8 tonnes. Il est serti d’or et de cristal Swazrovski. Son gigantesque tapis de plus de 4 200 m² a nécessité le travail de 600 femmes pendant 4 ans.
Bien que très rapide, la traversée de Mascate, baignée par les eaux du golfe d’Oman, adossée au massif Hajar, les façades blanchies à la chaux ornées de balcons ouvragés regroupés autour de la mosquée du Grand Prophète coiffée de mosaïques bleu et or, témoignent de la richesse des échanges maritimes. Une forte houle ne nous permettra pas de faire la croisière prévue.
Tous les musées sont installés dans des forts superbement rénovés, rassemblant le passé et les traditions d’Oman. Toutes les maisons des villages traversés sont coquettes, chapeautées par les réservoirs d’eau, et de jardins clos aux hauts murs pour respecter l’intimité des femmes.

Mercredi 28 janvier: Sur notre route, un arrêt pour découvrir le Boswellia sacra, l’arbre à encens. Nous arrivons à Bimah Sinkhole. Il s’agit d’une dépression naturelle remplie d’une eau verte cristalline, et quelques uns ne peuvent s’empêcher de se jeter à l’eau. Nous nous dirigeons vers une palmeraie où nous sommes reçus gentiment par un agriculteur qui explique l’ensemencement des dattiers, et dégustons diverses variétés de dattes. Nous arrivons dans une spectaculaire profonde et étroite gorge appelée Wadi Tiwi, qui serpente le long de la montagne. L’eau y est chaude et nager est un plaisir, tandis que de petits poissons attaquent nos pieds pour nous débarrasser des peaux mortes. Après le repas, fort agréable chez l’habitant, nous partons à Sour, vers le seul chantier naval encore en activité, le constructeur de boutres. Deux bateaux sont actuellement en construction : un de 50 mètres de long, taillé pour des croisières, un autre plus modeste pour la pêche. Ici, le teck est roi. Ces bateaux représentent une partie de l’identité omanaise et c’est une grande fierté de continuer cette tradition de grands navigateurs. Après le repas du soir, peut-être allons nous voir une ou deux tortues pondre sur la plage. Hélas, attente vaine, nous ne verrons pas de tortue ce soir. Mais faute de mieux, Christian va nous mimer la ponte d’une tortue… tout le monde apprécie ses efforts, mais nous repartons bredouilles….

Jeudi 29 janvier: Arrivée au Wadi Bani Khalid. Nous traversons le village et les plantations de dattiers. Partout, l’eau descend de la montagne par un grand système d’irrigation (le falaj) – classé à l’Unesco – permettant de nombreuses cultures entretenues sous les palmiers. Puis nous prenons la route pour le désert du Wahiba Sands. Face à cette mer de sable orange, de puissants 4 x 4 nous transforment en cascadeurs pour atteindre 100 m. Le coucher de soleil est timide et nous arrivons rapidement au campement pour passer la nuit. Quelques uns d’entre nous ont prévu, dès 5 heures du matin, des activités pour célébrer le lever du soleil dans les dunes : les plus romantiques dégusteront un thé bien chaud devant un feu de bois, les plus sportifs déambuleront à dos de dromadaires, les plus rêveurs s’envoleront en montgolfière et ressentiront une certaine plénitude entre le ciel et la terre. Les autres profiteront d’une grasse matinée……



Vendredi 30 janvier: Visite d’une ancienne cité Al Manzifat entourée d’un mur défensif. Puis visite du château de Jibrin constitué de 5 étages et 55 pièces, décorés de peintures et d’inscriptions de style islamique. L’irrigation traditionnelle serpente à travers le château. Arrivée à Nizwa dans l’après-midi.

Samedi 31 janvier: dans le vieux village d’Al Hamra bien préservé, nous visitons le musée de Bait al Safa où des personnes vêtues à l’ancienne reproduisent les gestes des métiers d’autrefois. Puis en 4 x 4 nous arrivons à Jebel Shams à 2 000 m. Le sommet est à 3009 m. La roche excessivement fiable et très découpée ne nous permet pas de nous approcher du ravin pour voir le fond vertigineux du Grand Canyon d’Oman.

Dimanche 1er février: A Nizwa où nous avons passé la nuit, nous visitons le fort de Nizwa construit au 17ème siècle , dont une vaste tour dominant une superbe oasis. Au pied du fort, le souk dans lequel nous admirons les productions locales (argenterie, artisanat local, légumes, etc.). Puis visite du village de Birkat Al Mouz, réputé pour ses ruines et ses immenses plantations de bananiers. Enfin, dans le village de Muttrah, visite du souk datant de plus de 200 ans.

Lundi 2 février: A Mascate, visite du marché aux poissons. De nombreuses espèces connues ou inconnues pour nous (thons, barracudas, crevettes, carangues, etc). Puis visite du fort Nakhal datant du 16ème siècle. Pour terminer notre voyage, la promenade en boutre et nous découvrons un littoral déchiqueté avec de profonds fjords et de multiples criques. Perchée sur une corniche de Mascate, dominant la mer, se dresse une étonnante structure de béton blanc : un brûleur d’encens de 25 m de haut. Ce grand monument indique l’importance que revêt la résine du sultanat. Ce commerce de l’encens fit la fortune d’Oman.



Au soir, nous quitterons Oman. Nous avons été reçus avec respect et gentillesse. Comment se rappeler de tant de découvertes en si peu de temps ?
Merci à Christine pour cette échappée. Elle s’est donnée tant de mal pour que notre voyage se passe au mieux!
A tous, à bientôt pour d’autres aventures.
Marhaba ! (salut)
Françoise DINELLI

