Municipales de 2026 : que proposent les candidats ?

Comment comptent-ils défendre une forêt usagère protégée, non marchande et gérée dans le respect des usages historiques ?

Nos questions, notre position et leurs réponses !

A l’avenir, quelles mesures préconisez-vous pour protéger la forêt usagère contre les risques d’incendie ?


L’Addufu considère comme prioritaires l’amélioration et le développement de la sécurité et de la prévention en forêt usagère. Si nous sommes parfaitement en accord avec les règles de la DFCI et les OLD, en revanche, nous n’admettrons pas un aménagement artificiel du territoire avec un maillage serré de larges pare-feux et une dénaturation de nos chemins. Nous préconisons la mise en place d’un PPRIF. Nous recommandons que l’accent soit mis sur la surveillance et surtout sur la rapidité d’intervention des professionnels de la lutte contre le feu.

Entre libre évolution et reconstruction, dans quelle optique situez-vous vos propositions pour l’avenir de la forêt usagère ?


Nous préconisons une période d’observation longue et documentée, d’au minimum 10 ans. Nous sommes en faveur d’une libre évolution accompagnée, y compris des zones humides. La question du réensemencement devra être étudiée en fonction des cas particuliers, où la régénération naturelle aura montré ses limites avec une certitude raisonnable. Nous ne souhaitons pas voir envisager une reconstruction de la forêt, notamment « paysagère ». L’entretien futur des peuplements denses devra être compatible avec l’usage, sans ouvrir la porte à une gestion sylvicole, sans cloisonnements ni visées de rendement.

Êtes-vous favorable à la renaissance du gemmage pour sa valeur économique et patrimoniale pour votre ville ?


Nous pensons qu’il est nécessaire de préparer dès à présent les conditions de la relance du gemmage comme activité artisanale (et non industrielle), axée sur la qualité et non la quantité. Les expérimentations sur ce segment de niche orienté tradition de prestige pourraient bénéficier d’incitations publiques aux propriétaires. La sécurité de la forêt bénéficiera également du retour d’une présence des gemmeurs au plus près du terrain.

En tant que maire représentant des usagers, signerez-vous une Transaction permettant le commerce dans la forêt usagère ?


Nous n’accepterons aucun commerce de bois ou d’autre chose (sol, carbone) en forêt usagère, quelles qu’en soient les justifications. La non-marchandisation de la forêt est la garantie de sa vie future et de la préservation de l’usage.  Nous pensons qu’il n’y a aucun besoin d’une nouvelle Transaction, et que les textes actuels suffisent à réguler les relations entre ayants pins et usagers comme ils l’ont fait jusqu’à présent.

Comment contrôlerez-vous l’action des syndics usagers, et comment en informerez-vous les usagers ?


Nous sommes partisans d’une pratique démocratique qui retrouverait l’esprit ancien du mode de décision collectif qui a fait l’originalité de la gouvernance de notre commun, en restant strictement dans le cadre des Transactions actuelles. Par exemple, les maires pourraient impliquer plus directement les usagers dans la nomination de leurs syndics. Le rôle et les missions de ces derniers gagneraient à être publiquement détaillés. Des rendez-vous réguliers avec les usagers, par exemple trimestriels, pourraient être mis en place.

Comment contrôlerez-vous l’utilisation des fonds de la caisse syndicale, et comment en informerez-vous les usagers ?


Dans le même esprit démocratique, le contrôle de la caisse syndicale, à parité avec les propriétaires, doit faire l’objet d’une action volontaire de la part du conseil municipal, avec reddition des comptes annuelle. Dans cette gestion comme dans la gouvernance générale, les syndics usagers doivent être assurés d’avoir le même poids que les syndics des propriétaires. Enfin, tout usager doit pouvoir facilement accéder à ces comptes.

Comment envisagez-vous d’assurer la protection et la pérennité des droits d’usage et des Baillettes et Transactions ?


En tant que représentants des usagers, les maires de La Teste et de Gujan doivent s’engager et s’impliquer fortement pour la préservation de l’usage. Mais la condition de propriétaire acquise par le Maire de La Teste créée une incompatibilité qui à terme peut s’avérer intenable voir dangereuse pour l’avenir de l’usage. L’Addufu reste donc opposée à l’achat de nouvelle parcelle en FU par une collectivité publique, quelle qu’elle soit. Enfin, la libre circulation en FU doit rester strictement limitée à l’usage.

Comment comptez-vous lutter contre la spéculation foncière sur les parcelles privées en forêt usagère, qui conduit certains propriétaires à transformer en or des cabanes devenues résidences secondaires ?


Nous restons favorables au respect strict de la reconstruction des cabanes dans le cadre fixé par l’inventaire de ce patrimoine ; le pouvoir de police du maire, notamment en matière d’urbanisme, doit durement sanctionner ceux qui y contreviennent, y compris ceux qui auraient été épargnés par les incendies.

Les futurs maires de La Teste et de Gujan sont-ils disposés à s’unir dans un front commun pour obtenir de l’État la possibilité de reconstruire à l’identique les cabanes détruites qui sont un élément essentiel du patrimoine commun ?


L’union faisant la force, la coordination de ces communes pour permettre la reconstruction de ces cabanes est bienvenue. L’Addufu reste persuadée qu’une présence raisonnable et encadrée dans ces cabanes traditionnelles et patrimoniales est un moyen de surveillance, de prévention et de lutte contre l’incendie.