Municipales de 2026 : que proposent les candidats ?

Nos questions, notre position et leurs réponses !

PRÉVENTION DES RISQUES ET SÉCURITÉ INCENDIE

Les incendies de l’été 2022 ont mis en évidence l’absolue nécessité d’assurer une sécurité renforcée contre les risques d’incendie. Les textes législatifs en vigueur (Obligations Légales de Débrous­saillement, etc.) s’appliquent en forêt usagère. Par ailleurs, la prévention des incendies est une prérogative du maire au titre de ses pouvoirs de police, en vertu de laquelle il doit également s’assurer de l’existence de ressources en eau suffisantes pour la lutte contre l’incendie (Plan de Prévention des Risques d’Incendie de Forêt, Défense Extérieure Contre l’Incendie).

Question : A l’avenir, quelles mesures préconisez-vous pour protéger la forêt usagère contre les risques d’incendie ?

La position de l’ADDUFU : L’Addufu considère comme prioritaires l’amélioration et le développement de la sécurité et de la prévention en forêt usagère. Si nous sommes parfaitement en accord avec les règles de la DFCI et les OLD, en revanche, nous n’admettrons pas un aménagement artificiel du territoire avec un maillage serré de larges pare-feux et une dénaturation de nos chemins. Nous préconisons la mise en place d’un PPRIF. Nous recommandons que l’accent soit mis sur la surveillance et surtout sur la rapidité d’intervention des professionnels de la lutte contre le feu.

ÉCOSYSTÈME DE LA FORÊT USAGÈRE

La forêt usagère est une forêt semi-naturelle entretenue par des coupes de bois encadrées par les Baillettes et Transactions et la régénération y est naturelle. Grâce à ce système, cette forêt unique a perduré jusqu’à aujourd’hui tout en ayant connu d’autres incendies. Actuellement en 2025, nous constatons partout des repousses.

Certains sont partisans de laisser le temps accomplir son œuvre avec un minimum d’intervention humaine, d’autres proposent de replanter là où la repousse semble encore déficiente, voire d’introduire en forêt usagère des espèces permettant d’anticiper le changement climatique.

Question : Entre libre évolution et reconstruction, dans quelle optique situez-vous vos propositions pour l’avenir de la forêt usagère ?

La position de l’ADDUFU : Nous préconisons une période d’observation longue et documentée, d’au minimum 10 ans. Nous sommes en faveur d’une libre évolution accompagnée, y compris des zones humides. La question du réensemencement devra être étudiée en fonction des cas particuliers, où la régénération naturelle aura montré ses limites avec une certitude raisonnable. Nous ne souhaitons pas voir envisager une reconstruction de la forêt, notamment « paysagère ». L’entretien futur des peuplements denses devra être compatible avec l’usage, sans ouvrir la porte à une gestion sylvicole, sans cloisonnements ni visées de rendement.

ÉCONOMIE DE LA FORÊT USAGÈRE

I) Le modèle économique et social de la forêt usagère est basé sur la satisfaction des besoins de la population (énergie et constructions) et le profit forestier est limité au gemmage. Ce modèle a été déséquilibré quand les propriétaires ont abandonné le gemmage au début des années 1970. Pourtant, le gemmage est relancé dans plusieurs secteurs des Landes et de Gironde et sa viabilité semble se confirmer, permettant d’envisager la relocalisation de cette production.

A noter que le gemmage a également représenté dans ce passé récent un savoir-faire professionnel patrimonial important pour de nombreux Testerins et Gujanais.

Question : Êtes-vous favorable à la renaissance du gemmage pour sa valeur économique et patrimoniale pour votre ville ?

La position de l’ADDUFU : Nous pensons qu’il est nécessaire de préparer dès à présent les conditions de la relance du gemmage comme activité artisanale (et non industrielle), axée sur la qualité et non la quantité. Les expérimentations sur ce segment de niche orienté tradition de prestige pourraient bénéficier d’incitations publiques aux propriétaires. La sécurité de la forêt bénéficiera également du retour d’une présence des gemmeurs au plus près du terrain.

II) Dans le souci de préserver la ressource, les Baillettes et Transactions depuis l’origine permettent des coupes de bois pied à pied et par rotation entre les parcelles, « au moindre dommage » et donc sans coupes rases. Dans le même esprit, depuis la Baillette de 1535, tout commerce du bois y est explicitement interdit et les Transactions récentes des années 1950 ont restreint la délivrance du bois d’œuvre par la durée d’habitation.

Certains propriétaires semblent souhaiter une nouvelle économie notamment basée sur la commercialisation des bois, ce qui nécessiterait une nouvelle Transaction.

Question : En tant que maire représentant des usagers, signerez-vous une Transaction permettant le commerce dans la forêt usagère ?

La position de l’ADDUFU : Nous n’accepterons aucun commerce de bois ou d’autre chose (sol, carbone) en forêt usagère, quelles qu’en soient les justifications. La non-marchandisation de la forêt est la garantie de sa vie future et de la préservation de l’usage.  Nous pensons qu’il n’y a aucun besoin d’une nouvelle Transaction, et que les textes actuels suffisent à réguler les relations entre ayants pins et usagers comme ils l’ont fait jusqu’à présent.

GOUVERNANCE DE LA FORÊT USAGÈRE

I) Les syndics des usagers (2 titulaires et 2 suppléants) sont nommés par arrêté des maires de Gujan et de La Teste après délibération en conseil municipal. Ils participent à la gestion de la forêt usagère avec les syndics des propriétaires ; ils autorisent les coupes des pins vifs affectés à l’usage et contrôlent les demandes des usagers pour les attributions de bois de construction.

Question : Comment contrôlerez-vous l’action des syndics usagers, et comment en informerez-vous les usagers ?

La position de l’ADDUFU : Nous sommes partisans d’une pratique démocratique qui retrouverait l’esprit ancien du mode de décision collectif qui a fait l’originalité de la gouvernance de notre commun, en restant strictement dans le cadre des Transactions actuelles. Par exemple, les maires pourraient impliquer plus directement les usagers dans la nomination de leurs syndics. Le rôle et les missions de ces derniers gagneraient à être publiquement détaillés. Des rendez-vous réguliers avec les usagers, par exemple trimestriels, pourraient être mis en place.

II) L’utilisation des fonds de la caisse syndicale relève également des attributions des syndics. Ces fonds sont actuellement importants puisqu’ils ont été renforcés par les revenus issus des coupes des bois brûlés.

Question : Comment contrôlerez-vous l’utilisation des fonds de la caisse syndicale, et comment en informerez-vous les usagers ?

La position de l’ADDUFU : Dans le même esprit démocratique, le contrôle de la caisse syndicale, à parité avec les propriétaires, doit faire l’objet d’une action volontaire de la part du conseil municipal, avec reddition des comptes annuelle. Dans cette gestion comme dans la gouvernance générale, les syndics usagers doivent être assurés d’avoir le même poids que les syndics des propriétaires. Enfin, tout usager doit pouvoir facilement accéder à ces comptes.

PRÉSENT ET AVENIR DE L’USAGE

Les droits d’usage sont protégés par les Baillettes et Transactions depuis 1468. Ils ont été récemment confortés par la jurisprudence dans un arrêt de la Cour d’appel de Bordeaux daté du 27 juin 2022. Par ailleurs, ils viennent d’être inscrits en tant que forme particulière d’affouage à l’inventaire du patrimoine culturel immatériel de la France.

Pour autant, ils sont régulièrement remis en cause, notamment par l’État qui souhaite y voir appliquer le code forestier, certains propriétaires qui voudraient notamment commercialiser les bois, ou par des gestionnaires forestiers qui aimeraient mettre en œuvre leurs méthodes en remplacement de modalités qu’ils jugent dépassées.

Question : Comment envisagez-vous d’assurer la protection et la pérennité des droits d’usage et des Baillettes et Transactions ?

La position de l’ADDUFU : En tant que représentants des usagers, les maires de La Teste et de Gujan doivent s’engager et s’impliquer fortement pour la préservation de l’usage. Mais la condition de propriétaire acquise par le Maire de La Teste créée une incompatibilité qui à terme peut s’avérer intenable voir dangereuse pour l’avenir de l’usage. L’Addufu reste donc opposée à l’achat de nouvelle parcelle en FU par une collectivité publique, quelle qu’elle soit. Enfin, la libre circulation en FU doit rester strictement limitée à l’usage.

LES QUESTIONS DES USAGERS

Les usagers avaient été invités à poser des questions sur une adresse mail dédiée.

Les questions concernant les relations de la mairie de La Teste avec la base aérienne et le SDIS en cas d’intervention sur un feu de forêt n’ont pas été retenues. Plusieurs usagers ont soulevé le problème déjà ancien de l’expropriation de 30 ha de forêt usagère autour du lac. Cette superficie n’a jamais été compensée malgré les décisions du conseil municipal de La Teste.

Les autres questions des usagers ont été ainsi condensées :

Question 1 : Comment comptez-vous lutter contre la spéculation foncière sur les parcelles privées en forêt usagère, qui conduit certains propriétaires à transformer en or des cabanes devenues résidences secondaires ?

La position de l’ADDUFU : Nous restons favorables au respect strict de la reconstruction des cabanes dans le cadre fixé par l’inventaire de ce patrimoine ; le pouvoir de police du maire, notamment en matière d’urbanisme, doit durement sanctionner ceux qui y contreviennent, y compris ceux qui auraient été épargnés par les incendies.

Question 2 : Les futurs maires de La Teste et de Gujan sont-ils disposés à s’unir dans un front commun pour obtenir de l’État la possibilité de reconstruire à l’identique les cabanes détruites qui sont un élément essentiel du patrimoine commun ?

La position de l’ADDUFU : L’union faisant la force, la coordination de ces communes pour permettre la reconstruction de ces cabanes est bienvenue. L’Addufu reste persuadée qu’une présence raisonnable et encadrée dans ces cabanes traditionnelles et patrimoniales est un moyen de surveillance, de prévention et de lutte contre l’incendie.

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